Votre fertilité passe par l’intestin

Une fois n’est pas coutume, mais il est bon de le rappeler : un corps en santé est un corps fertile. C’est pourquoi il ne sert à rien de se gaver de pilules miracles dans l’espoir d’être enceinte, si des bases solides ne sont pas déjà installées pour préparer le terrain.

Sommaire

A savoir : une alimentation qui soit la plus saine possible (bio, non transformée), un bon sommeil, du mouvement, l’exposition au soleil et des organes qui fonctionnent pour avoir l’énergie nécessaire d’accueillir la vie (foie, intestin et thyroïde, entre autres).

Et d’ailleurs, on sous-estime souvent le microbiote intestinal lorsque l’on parle de fertilité. Et pourtant, il a un rôle crucial !

Saviez-vous qu’un couple sur 4 rencontre des difficultés à concevoir, et que leur santé intestinale pourrait être en cause ?

Dans cet article, on parlera du microbiote intestinal, de son rôle, et surtout de son impact sur la fertilité, et des solutions à envisager.

Qu’est-ce que le Microbiote Intestinal ?

Il s’agit de l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, champignons…) vivant dans notre intestin.

Comme l’explique Dora Moutot dans son livre “A fleur de pet”, le corps humain est habité par de nombreux micro-organismes qui colonisent notre peau, notre vagin, nos poumons, notre nez, nos intestins, etc.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on peut se considérer comme un holobionte ; telle une communauté plutôt qu’un organisme séparé, nous ne faisons qu’un et sommes en lien constant avec les micro-organismes que nous hébergeons. Quand tout se passe bien, nous sommes censés vivre en symbiose avec ces microbes. Scientifiquement parlant, on parle de mutualisme ou de commensalisme, ce qui signifie que chacun devrait mutuellement bénéficier l’un de l’autre.

Notre intestin abrite ainsi de nombreux micro-organismes : bactéries, champignons, virus, levures… On parle de microbiote pour désigner la flore d’un organe ou de microbiome désigner l’ensemble de cette flore au niveau de l’organisme.

Le microbiote intestinal est une usine complexe et performante. Il est en interaction étroite avec le système nerveux autonome. En effet, un système neurologique est finement tissé autour de tous les organes. Il régule la pression, la ventilation, l’évacuation, la motricité, la relaxation, ainsi que tout ce que l’on ne contrôle pas ou mal : émotions, mémorisation, sociabilité, etc. La capacité à apprendre et le plaisir d’exister sont ainsi liés au système nerveux autonome et au microbiote.

Illustration tirée de l’excellent livre de Dora Moutot « A fleur de pet »

Cette communauté de microbes a pris forme au moment de notre naissance…

Lorsque la poche des eaux se rompt, les bactéries commencent à nous coloniser par tous les orifices. C’est lorsque le bébé passe dans le canal pelvi-génital que les bactéries qui vivent dans le vagin et du côté de l’anus s’étalent sur la tête et le corps du bébé. Elles pénètrent par le nez et la bouche pour coloniser les intestins.

Le microbiote d’un enfant né par voie basse ou par césarienne est donc différent. Les intestins des enfants nés par césarienne sont colonisés par les bactéries qui se trouvent à l’hôpital et sur la peau des intervenants présents lors de l’accouchement. Ils sont plus susceptibles de développer de l’asthme, des allergies alimentaires, du diabète et des maladies en lien avec le système immunitaire. Les premières bactéries sont celles qui vont éduquer notre système immunitaire et le protéger.

Or en France, aujourd’hui, 20% des accouchements sont faits par césarienne.

Aux Etats-Unis, certaines équipes récupèrent la flore vaginale au niveau du vagin de la mère sur une compresse et tamponnent le corps et les orifices de l’enfant.

   

Les différents types de flores

Notre microbiote intestinal héberge trois grands types de flores :

  • la flore commensale : constituée de nos bactéries indigènes, qui sont là tout le temps. C’est notre flore résidente, présente depuis notre naissance. Elle n’est pas censée évoluer au cours de notre vie.
  • la flore opportuniste : groupe de microbes dont le nombre et la composition peuvent évoluer. Ils sont contrôlés par la flore commensale. Ce sont des bactéries opportunistes, car s’il arrive quelque chose à la flore commensale, ces bactéries chercheront à prendre le contrôle…ce qui n’est pas bon signe ! Si nous avons maltraité notre microbiote, les envahisseurs en profitent ! Une prise d’antibiotiques par exemple tuera les bactéries responsables de l’infection et provoquera des dommages collatéraux en tuant d’autres bactéries, notamment celles de la flore commensale. Des bactéries insensibles aux antibiotiques prolifèreront, et une diarrhée pourra survenir. C’est pourquoi certains médecins vont prescrire des levures, comme la Saccharomyces Boulardii, qui va occuper la place libre dans notre intestin, empêchant la multiplication des bactéries indésirables. Une prise d’antibiotiques de longue durée peut entraîner la prolifération du Clostridium Difficile.
  • la flore de passage ou flore de transition : composée de tous les microbes issus de la nourriture et de la nature, qui ne sont censés que passer. Mais s’il y a de la place, ils peuvent s’installer. C’est le cas des intoxications alimentaires par exemple.

Toute cette grande communauté :

  • pèse environ 1,5 kg, soit à peu près le même poids que notre cerveau
  • représente 10 000 milliards d’habitants de plus de 400 espèces !

A ce titre, la communauté scientifique considère à présent le microbiote comme un organe à part entière. A la différence près que c’est le seul organe qui fluctue et qui est modifiable.

Le rôle du microbiote intestinal

S’il était nécessaire de pouvoir décrire les bactéries pour les classifier, il était tout autant important de pouvoir décrire la variété de molécules produites par les bactéries.

Ces molécules portent le nom de métabolites, qui vont avoir un effet positif ou délétère sur notre santé.

C’est le microbiote qui produit par exemple :

  • la vitamine K qui joue un rôle dans la coagulation sanguine,
  • de l’acétate et du butyrate, acides gras qui alimentent la paroi intestinale et protègent de certains cancers,
  • du propionate, autre acide gras utilisé par le foie,
  • des antibiotiques naturels, neutralisant les toxiques environnementaux,
  • des hormones, etc.

Ces métabolites dépendent directement de notre alimentation.

Certaines bactéries ne vont pas consommer la nourriture ingérée mais les métabolites d’autres bactéries. Il existe donc un véritable lien d’interdépendance.

L’alimentation occidentale se compose à 90% de ce que nous mangeons et à 10% de ce que les bactéries nous donnent à manger. Le rôle de certaines bactéries est de nous donner à manger à plein temps.

Les bactéries vont également communiquer avec le reste du corps, notamment le cerveau, via un langage biochimique.

L’intestin est notre 2e cerveau…voire le 1er : 

9 messages sur 10 proviennent de l’intestin vers le cerveau.

Les bactéries commensales protègent la paroi intestinale, qui fait la liaison entre l’intérieur de l’intestin et l’intérieur de l’organisme. Cette paroi est composée de cellules épithéliales : les entérocytes, les caliciformes, les cellules de Paneth, etc. Certaines absorbent les nutriments, d’autres s’occupent du renouvellement cellulaire, d’autres fabriquent des enzymes, du mucus ou des hormones.

Elles servent de première barrière contre les intrus et protègent l’épithélium.

Nous vivons en bonne intelligence avec nos bactéries intestinales tant qu’elles restent dans notre tube digestif. Nous entretenons avec elle un contact étroit tout en leur défendant de coloniser d’autres territoires. Pour cela, les entérocytes (cellules étroitement jointes) font barrage à tout élément étranger. Que ce soit des bactéries ou des aliments non digérés provenant de l’alimentation, rien ne passe librement, sans contrôle. Pour que ces cellules ne soient pas dérangées par les bactéries, elles produisent du mucus, une épaisse couche de gel qui est en fait un sucre complexe de type mucilage. Comme tout sucre complexe, il peut être digéré par nos bactéries, dont certaines en sont très friandes. Cette couche de mucus permet aussi à nos cellules d’être protégées des sucs agressifs du tube digestif.

La concentration de bactéries augmente à mesure que l’on approche de la fin du côlon, et la couche de mucus s’épaissit également. Il arrive que cette couche de mucus soit altérée, notamment dans les maladies inflammatoires de type rectocolite hémorragique ou maladie de Crohn.

Importance de la diversité du microbiote pour la santé.

En 2008 la Commission européenne a financé l’étude MetaHIT, entre 8 pays, coordonnés par 15 instituts (dont l’Inra), qui avait pour objectif d’identifier l’ensemble des génomes microbiens intestinaux (métagénome) par séquençage haut débit de l’ARN. Elle a aussi permis de mettre en évidence les premières interactions entre métagénome et santé. Cette étude s’est fondée sur l’analyse d’échantillons de selles recueillis auprès de 200 personnes. Elle a identifié ainsi un total de 3,3 millions de gènes différents, appartenant à plus de 1 000 espèces différentes, dont une large majorité est d’origine bactérienne. (…) MetaHIT a été la première étude à démontrer l’extrême richesse de la flore intestinale, en identifiant des centaines d’espèces bactériennes inconnues jusque-là.

Qu’est-ce qui modifie le microbiote ?

Ce que l’on sait aujourd’hui…

Le dialogue et la symbiose qui existent entre le microbiote et l’hôte sont fragiles : toute modification de la composition bactérienne intestinale ou de l’hôte peut perturber l’écosystème. Ces dernières années, grâce aux performances de séquençage à haut débit, la recherche a prouvé que de nombreuses maladies sont associées à une dysbiose : inflammations chroniques de l’intestin, obésité, inflammations du foie (hépatites non virales)… mais aussi maladies cardiovasculaires, allergies et maladies comportementales ou psychiatriques (stress, dépression, autisme).

Un des grands enjeux actuels est donc de clarifier si la dysbiose est une conséquence de ces diverses maladies ou une des causes. Le rôle causal du microbiote intestinal comme cofacteur dans le développement de nombreuses maladies est d’ores et déjà reconnu ; c’est le cas pour les maladies intestinales inflammatoires chroniques, certaines pathologies du foie, des maladies cardiovasculaires, certaines allergies et même des pathologies neurologiques comme l’autisme

Des perturbateurs chimiques extérieurs

Antibiotiques et médicaments

Des dysbioses intestinales peuvent être causées par des prises d’antibiotiques répétées, par la prise de certains médicaments comme la pilule, la cortisone, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), l’ibuprofène, l’aspirine, etc., mais aussi par des prises orales répétées d’argent colloïdal ou d’huiles essentielles, qui sont tous deux trop décapants pour le microbiote intestinal comme l’évoque le Dr Donatini.

En cas d’infection traitée par antibiotiques, les bactéries de la flore commensale ne pourront plus jouer leur rôle de protection, l’épithélium sera mal nourri, certaines enzymes ne seront plus produites, et certains nutriments ne seront plus absorbés correctement. Les cellules de l’épithélium vont aussi produire moins de mucus, alors que celui-ci agit comme une barrière de protection.

Sans toutes les substances produites par les bactéries pour gérer les intrus, certaines levures, champignons ou parasites peuvent alors en profiter pour s’incruster et proliférer de façon anormale (production d’histamine ou de sulfure trop importante pouvant conduire à des allergies ou à un inconfort intestinal avec risque de perméabilité intestinale). Les prises répétées d’antibiotiques vont ainsi créer un terrain propice à la prolifération de flores pathogènes comme le Candida Albican.

Mais il y a plus grave encore : la résistance des bactéries aux antibiotiques. On dénombre ainsi chaque année 230 000 décès dans le monde (dont 11 000 en Europe) liés à la résistance aux antibiotiques.

En effet, l’usage répété d’antibiotiques crée des conditions favorisant l’acquisition et la dissémination de souches résistantes aux antibiotiques. Aujourd’hui, les nouvelles molécules sont rares et il n’est parfois plus possible difficile, voire impossible de traiter certaines infections. Cette résistance résulte soit de mutations chromosomiques (modification de gènes déjà présents), soit de l’intégration de petits brins d’ADN circulaires qui se transmettent de bactérie à bactérie (les plasmides). Les modifications génétiques font appel à plusieurs mécanismes : production d’une enzyme inhibant l’antibiotique, imperméabilisation de la membrane de la bactérie, modification de la cible de l’antibiotique…

L’accumulation de mécanismes de résistance chez une même souche bactérienne peut conduire à des impasses thérapeutiques.

En outre, l’administration d’antibiotiques à un enfant avant l’âge de 4 ans a un impact délétère, à long terme, sur la colonisation bactérienne de son intestin – surtout si cette prise d’antibiotiques n’est pas suivie de probiotiques. Comme le fait sagement remarquer un des médecins interrogés dans la web-série “Interconnected”, il y a là d’ailleurs un véritable paradoxe si l’on considère les milliards dépensés pour tuer les bactéries à grand renfort de pesticides, et les milliards dépensés pour apporter des bactéries sous forme de probiotiques !

Les bactéries sont à double tranchant : elles nous maintiennent en vie et nous accompagnent aussi dans la mort.

Aujourd’hui, l’exposition aux antibiotiques se fait davantage par l’alimentation et les pesticides…Un américain moyen ingère 120 g d’antibiotiques par an via l’alimentation (présence d’azithromycine dans la nourriture).

Agriculture chimique

Les pesticides et herbicides agissent comme des antibiotiques : ils détruisent les bactéries des plantes ainsi que celles qui sont présentes dans le sol. La plante est différente de ce qu’elle était à l’origine et ses bénéfices aussi.

Les pesticides sont connus pour avoir des effets toxiques sur l’organisme, en particulier le foie, premier organe à recevoir ce qui franchit la barrière intestinale.

Pour n’en citer que quelques-uns :

  • L’ingestion de chlorpyrifos chez le rat entraîne la disparition de certaines espèces bactériennes, engendrant une dysbiose. Sa consommation durant la gestation provoque des altérations de la barrière intestinale chez les petits.
  • Le carbendazim engendre également une dysbiose du microbiote intestinal (les proportions des Firmicutes et Bacteroidetes sont altérées, avec une forte augmentation des Firmicutes).

→ La toxicité des pesticides sur le foie pourrait être due en partie aux altérations du microbiote qui n’a pas pu jouer son rôle de détoxifiant avant que les substances nocives ne passent dans la circulation sanguine.

→ En 2010, l’ANSES rapportait la vente, en France, de 1014 tonnes d’antibiotiques dans l’agriculture – antibiotiques que l’on retrouve également dans l’eau courante…

Même si les concentrations retrouvées restent faibles pour entraîner des conséquences à titre individuel, il est impossible d’affirmer que cette situation ne joue aucun rôle dans les modifications du microbiote intestinal des populations occidentales.

Les changements d’alimentation et leur impact sur le microbiote

Notre microbiote peut également être modifié par l’alimentation qui a considérablement évolué en une centaine d’années. Nous sommes ainsi passés d’une nourriture locale, sans pesticides, sans additifs ni édulcorants, à des plats préparés, des aliments transformés, des légumes et des viandes chargés de pesticides, beaucoup de sucre et moins de fibres.

En moins de dix mille ans, nous sommes passés de l’ère paléolithique avec la prépondérance de la chasse, de la pêche et de la cueillette, au néolithique avec le développement de l’agriculture et des céréales, puis récemment à l’ère moderne.

Les apports caloriques des premiers humains étaient moindre et l’organisme devait survivre aux périodes de disette. Les bactéries étaient adaptées à la spécificité de leur alimentation et il y avait peu de pertes énergétiques : pour un aliment donné, notre organisme était préparé, grâce à ses bactéries, à extraire le plus de calories possibles (d’où, également, la longueur de notre intestin permettant d’absorber un maximum de nutriments).

Nos bactéries digestives n’ont pu évoluer aussi vite que notre alimentation. Elles sont actuellement exposées au mode alimentaire du XXIème siècle, alors qu’elles sont encore programmées pour l’alimentation des siècles, voire des millénaires passés. Dans les pays occidentaux d’aujourd’hui, la nourriture est surabondante, le sucre omniprésent (pâtisseries, sodas, confiserie, biscuits, féculents, pain…), la quantité de fibres est très réduite, et la qualité des produits est diminuée car les terres sont appauvries en nutriments (à cause de la réduction de la diversité écologique liée à la culture intensive) et souvent traitées aux herbicides et pesticides.

Cette inadéquation entre l’évolution de nos bactéries digestives et notre alimentation participe à l’apparition de dysbioses et de maladies : intestin irritable, diarrhées, MICI, déséquilibres gastriques, fermentations, transit trop long ou trop rapide, problèmes d’absorption, etc.

Bactéries de jouvence…
Le microbiote des centenaires contiendrait des bactéries particulières de l’espèce Eubacterium limosum. On ne connaît pas encore leur rôle mais ces bactéries de jouvence auraient des propriétés anti-inflammatoires.

Le Lien Entre Microbiote et Fertilité : Comment ça Marche ?

Inflammation

Un microbiote déséquilibré peut provoquer une inflammation chronique, néfaste pour la fertilité. Lorsque cet équilibre est perturbé, on parle de dysbiose qui peut avoir des répercussions négatives sur la santé, notamment en favorisant l’inflammation chronique.

Voici comment un microbiote déséquilibré peut provoquer une inflammation chronique :

1. Augmentation des Bactéries Pathogènes et Diminution des Bactéries Bénéfiques

En cas de dysbiose, on observe une prolifération de bactéries pathogènes (nuisibles) et une diminution des bactéries bénéfiques (protectrices).
Ces bactéries pathogènes produisent des substances pro-inflammatoires, comme le lipopolysaccharide (LPS), également connu sous le nom d’endotoxine. Le LPS est une molécule présente dans la paroi cellulaire de certaines bactéries.

Lorsque le LPS pénètre dans la circulation sanguine (notamment en cas d’augmentation de la perméabilité intestinale), il active le système immunitaire, déclenchant une cascade de réactions inflammatoires.
Les bactéries bénéfiques, quant à elles, produisent des substances anti-inflammatoires, comme les acides gras à chaîne courte (AGCC) (butyrate, acétate, propionate). La diminution de ces bactéries réduit la production d’AGCC, ce qui affaiblit la capacité de l’intestin à contrôler l’inflammation.

2. Augmentation de la Perméabilité Intestinale (« Leaky Gut »)

*   Altération de la barrière intestinale : Le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans le maintien de l’intégrité de la barrière intestinale. Un déséquilibre du microbiote peut affaiblir cette barrière, en endommageant les jonctions serrées (tight junctions) entre les cellules intestinales.
*   Passage de substances indésirables : Lorsque la barrière intestinale est compromise, des substances potentiellement nocives (LPS, fragments de bactéries, toxines, aliments mal digérés) peuvent passer dans la circulation sanguine.
*   Activation du système immunitaire : Ces substances sont perçues comme des corps étrangers par le système immunitaire, ce qui déclenche une réponse inflammatoire systémique (dans tout le corps).
*   Cycle inflammatoire : L’inflammation chronique qui en résulte peut à son tour endommager davantage la barrière intestinale, créant un cercle vicieux.

3. Modulation du Système Immunitaire

*   Déséquilibre des cellules immunitaires : Le microbiote intestinal interagit étroitement avec le système immunitaire. Un déséquilibre du microbiote peut perturber l’équilibre des cellules immunitaires dans l’intestin et dans tout le corps.
*   Augmentation des cellules pro-inflammatoires : La dysbiose peut favoriser l’augmentation des cellules immunitaires pro-inflammatoires (par exemple, les lymphocytes Th1 et Th17) et la diminution des cellules immunitaires régulatrices (par exemple, les lymphocytes T régulateurs).
*   Réponse inflammatoire exacerbée : Ce déséquilibre immunitaire rend le corps plus susceptible de réagir de manière excessive aux stimuli inflammatoires, même mineurs.

4. Production de Métabolites Nocifs

*   Métabolites toxiques : Certaines bactéries pathogènes produisent des métabolites toxiques qui peuvent endommager les cellules intestinales et favoriser l’inflammation.
*   Sulfure d’hydrogène (H2S) : Par exemple, certaines bactéries produisent du sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz toxique qui peut endommager la muqueuse intestinale et provoquer une inflammation.
*   Ammoniac : D’autres bactéries produisent de l’ammoniac, une substance toxique qui peut surcharger le foie et provoquer une inflammation.

5. Perturbation de l’Axe Intestin-Cerveau

*   Communication bidirectionnelle : L’intestin et le cerveau communiquent étroitement via l’axe intestin-cerveau, un réseau complexe de voies nerveuses, hormonales et immunitaires.
*   Impact sur le système nerveux central : Un microbiote déséquilibré peut perturber cette communication, en envoyant des signaux inflammatoires au cerveau.
*   Inflammation cérébrale : Cette inflammation peut affecter la fonction cérébrale et contribuer à des troubles de l’humeur, de l’anxiété et de la dépression, qui peuvent à leur tour exacerber l’inflammation dans tout le corps.

L’inflammation est une réponse naturelle du corps à une infection, une blessure ou une irritation. Elle est essentielle à la guérison et à la protection de l’organisme. Cependant, lorsque l’inflammation devient chronique (c’est-à-dire de longue durée et persistante), elle peut avoir des effets néfastes sur de nombreux aspects de la santé, y compris la fertilité.

L’inflammation chronique peut être causée par divers facteurs, tels que :

– Une alimentation pro-inflammatoire : riche en sucres raffinés, graisses transformées, aliments ultra-transformés.

– Un déséquilibre du microbiote intestinal : dysbiose.

– Le stress chronique : qui active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) et augmente la production de cortisol, une hormone inflammatoire.

– L’exposition à des toxines environnementales : perturbateurs endocriniens, métaux lourds.

– Des infections chroniques : par exemple, des infections sexuellement transmissibles (IST) non traitées.

– Des maladies auto-immunes : comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus.

Impact de l’Inflammation sur les Ovaires

– Perturbation de l’ovulation : L’inflammation chronique peut interférer avec le processus d’ovulation en perturbant la production et la régulation des hormones nécessaires à la maturation des follicules ovariens (FSH, LH). Elle peut également altérer la réponse des ovaires à ces hormones.

– Diminution de la qualité des ovocytes : L’inflammation peut endommager les ovocytes (cellules œufs) en augmentant le stress oxydatif et en altérant leur métabolisme. Des ovocytes de mauvaise qualité ont moins de chances d’être fécondés et de donner naissance à un embryon sain.

– SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques) : L’inflammation chronique est un facteur clé dans le développement du SOPK, une cause fréquente d’infertilité. L’inflammation favorise la résistance à l’insuline, un autre facteur important dans le SOPK, ce qui perturbe davantage l’équilibre hormonal et l’ovulation.

– Endométriose : L’inflammation est également impliquée dans l’endométriose, une condition où le tissu endométrial (qui tapisse l’utérus) se développe en dehors de l’utérus. L’inflammation causée par l’endométriose peut endommager les ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus, ce qui réduit les chances de conception.

Impact de l’Inflammation sur l’Utérus

– Altération de l’endomètre : L’inflammation peut affecter la qualité de l’endomètre, la muqueuse utérine où l’embryon doit s’implanter. Un endomètre enflammé peut être moins réceptif à l’implantation, ce qui rend plus difficile la nidation de l’embryon et augmente le risque de fausse couche précoce.

– Adénomyose : Une inflammation chronique peut favoriser l’adénomyose, une condition où le tissu endométrial envahit la paroi musculaire de l’utérus. Cela peut provoquer des douleurs pelviennes, des saignements abondants et des problèmes de fertilité.

– Infections : Les infections utérines (comme l’endométrite) peuvent provoquer une inflammation chronique de l’utérus, ce qui peut endommager l’endomètre et les trompes de Fallope, et compromettre la fertilité.

Impact de l’Inflammation sur la Production de Spermatozoïdes

*   Diminution de la qualité du sperme : L’inflammation chronique peut affecter la production de spermatozoïdes (spermatogenèse) et diminuer la qualité du sperme. Elle peut réduire le nombre de spermatozoïdes, leur motilité (capacité à se déplacer) et leur morphologie (forme).

*   Stress oxydatif : L’inflammation augmente le stress oxydatif dans les testicules, ce qui peut endommager l’ADN des spermatozoïdes et altérer leur fonction.

*   Infections : Les infections des voies génitales masculines (comme la prostatite) peuvent provoquer une inflammation chronique et nuire à la production et à la qualité du sperme.

*   Varicocèle : L’inflammation peut également être impliquée dans la varicocèle, une dilatation des veines dans le scrotum qui peut augmenter la température testiculaire et nuire à la spermatogenèse.

*   Perturbation hormonale : L’inflammation peut perturber l’équilibre hormonal chez l’homme, en particulier la production de testostérone, ce qui peut affecter la fertilité.

Comment Réduire l’Inflammation pour Améliorer la Fertilité ?

  • Adopter une alimentation anti-inflammatoire : privilégier les aliments riches en antioxydants (fruits et légumes colorés), en acides gras oméga-3 (poissons gras, graines de lin, noix), en fibres (légumes, fruits, céréales complètes) et limiter les aliments pro-inflammatoires (sucres raffinés, graisses transformées, aliments ultra-transformés).
  • Rééquilibrer le microbiote intestinal : en consommant des aliments riches en probiotiques et en prébiotiques, et en limitant les facteurs qui perturbent le microbiote (antibiotiques, stress, alimentation déséquilibrée).
  • Gérer le stress : pratiquer des techniques de relaxation (méditation, yoga, respiration profonde), faire de l’exercice physique régulier, dormir suffisamment.

  • Éviter l’exposition aux toxines environnementales : choisir des produits d’hygiène et de beauté naturels, éviter les plastiques contenant des BPA et des phtalates, filtrer l’eau du robinet.
  • Consulter un professionnel de la santé : pour identifier et traiter les causes sous-jacentes de l’inflammation chronique.
En conclusion, l’inflammation chronique est un facteur important à prendre en compte dans l’infertilité, tant chez la femme que chez l’homme. En adoptant un mode de vie anti-inflammatoire, il est possible d’améliorer la santé des ovaires, de l’utérus et des spermatozoïdes, et d’augmenter les chances de conception.

Les Signes d’un Déséquilibre du Microbiote (Dysbiose)

  • Troubles digestifs : ballonnements, gaz, constipation, diarrhée, douleurs abdominales.
  • Fatigue chronique et baisse d’énergie.
  • Problèmes de peau : eczéma, acné, psoriasis.
  • Sensibilités alimentaires et intolérances.
  • Infections urinaires ou vaginales récurrentes.
  • Troubles de l’humeur, anxiété, dépression (lien entre l’intestin et le cerveau).

Comment Rééquilibrer Votre Microbiote pour Booster Votre Fertilité

–  Alimentation : les aliments à privilégier (fibres, légumes fermentés, aliments riches en probiotiques naturels) et ceux à éviter (aliments transformés, sucres raffinés, gluten en excès).

– Probiotiques : le choix des souches adaptées à la fertilité (lactobacillus, bifidobacterium).

– Prébiotiques : l’importance de nourrir les bonnes bactéries avec des fibres spécifiques (inuline, FOS).

– Gestion du stress : techniques de relaxation, méditation, yoga.

– Sommeil : importance d’un sommeil réparateur pour la santé intestinale.

– Limiter la prise d’antibiotiques (sauf en cas de nécessité absolue).

– Le rôle des plantes médicinales (sous supervision d’un professionnel) pour soutenir la digestion et l’équilibre du microbiote.

– Importance de boire une eau de qualité : correctement filtrée, ou avec un résidu à sec le plus proche de zéro possible (entre autres facteurs !)

Le Rôle du Partenaire : La Santé Intestinale du Futur Papa

Enfin, la santé intestinale du papa n’est pas en reste ! Il semblerait bien que la qualité du microbiote paternel a un impact sur la fertilité et la santé du futur enfant :

Impact sur la qualité du sperme : Le microbiote intestinal paternel peut influencer la qualité du sperme, notamment la motilité, la morphologie et la concentration des spermatozoïdes.  Un déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose) peut conduire à une inflammation systémique et à un stress oxydatif, qui peuvent endommager les spermatozoïdes. Il a été démontré qu’en soutenant le microbiote avec certaines bactéries, la qualité du sperme était améliorée. (« Gut microbiota is involved in male reproductive function: a review »). D’autres études indiquent que le sperme contient également de petites quantités de bactéries comme les Lactobacillus et les Prevotella (Gut microbiota is involved in male reproductive function: a review).

Transmission du microbiote au futur enfant :  Bien que la colonisation initiale du microbiote infantile soit principalement attribuée à la mère (pendant la grossesse et l’accouchement), il existe des preuves que le père peut également contribuer à la transmission de son microbiote au futur enfant.  Cette transmission peut se faire indirectement (par exemple, par le contact physique et le partage de l’environnement) ou potentiellement directement (bien que les mécanismes exacts restent à élucider). Paternal and induced gut microbiota seeding complement mother-to-infant transmission

Impact sur la santé métabolique et immunitaire du père, affectant indirectement l’enfant :  Le microbiote paternel influence la santé métabolique et immunitaire du père, ce qui peut indirectement affecter le développement et la santé du futur enfant. Par exemple, l’obésité paternelle (souvent associée à une dysbiose) a été liée à un risque accru de problèmes métaboliques chez la progéniture.Editorial: The role of paternal obesity on offspring health

Mécanismes épigénétiques : Le microbiote paternel pourrait influencer l’expression des gènes chez la progéniture par le biais de modifications épigénétiques des spermatozoïdes.  Les métabolites produits par le microbiote peuvent altérer les marques épigénétiques (par exemple, la méthylation de l’ADN) qui sont transmises à l’enfant, influençant ainsi le développement et la susceptibilité aux maladies.(Transgenerational inheritance: how impacts to the epigenetic and genetic information of parents affect offspring health)

Pour conclure…

Le microbiote est un acteur majeur de la fertilité, et un déséquilibre peut saboter vos efforts de conception.
C’est pourquoi je vous encourage vivement à prendre soin de votre santé intestinale de manière proactive !
La naturopathie peut vous accompagner sur le chemin de la fertilité en optimisant votre santé intestinale.